Si la dégradation de la qualité de l’air est devenue une préoccupation majeure au niveau international, notamment dans les pays industrialisés, c’est avant tout en raison des impacts possibles de cette pollution, en particulier dans l’hémisphère nord confronté au phénomène de pluies acides et dont certaines conséquences parmi d’autres, seraient le dépérissement des forêts et la dégradation des sols et des matériaux.

En Algérie, le problème est perçu beaucoup plus en termes de nuisances locales dont les impacts sur la santé humaine sont considérés comme prépondérants, que comme un problème de dimension planétaire notamment pour ce qui relève de la pollution atmosphérique trans-frontière. Cette perception du phénomène se justifie par le fait que les polluants atmosphériques excèrcent des effets directs et souvent visibles au niveau local alors qu’au niveau régional les effets indirects, bien qu’ils seraient plus importants, n’ont pas ce caractère spectaculaire, du moins à court terme. Les effets indirects, tels que l’altération et la dégradation des cultures, des sols et des matériaux sous l’effet des dépôts acides ne sont pas encore véritablement perçus comme une préoccupation du moment.

La pollution atmosphérique bien que pouvant résulter de phénomènes naturels tels que les éruptions volcaniques, n’a en général, du moins pour les pollutions de type chronique, que des causes liées directement aux activités humaines. Tel est le cas en Algérie, particulièrement en ce qui se rapporte à la dégradation de la qualité de l’air dans les agglomérations urbaines ou dans les zones industrielles.

Les niveaux de pollution atmosphérique atteints en Algérie sont difficiles à établir en raison de la quasi-absence de résultats de mesures directes des concentrations de polluants. Néanmoins, compte non tenu de la pollution transfrontière, il est possible d’apprécier ces niveaux à travers les estimations basées sur des modèles théoriques, notamment comme ceux utilisés dans l’étude réalisée par Mr MT AOUDIA dans le cadre du projet d’élaboration du Plan National d’Action Environnemental (PNAE).

En dépit des efforts consentis en matière d’assainissement, la réalisation de réseaux d’évacuation des eaux usées domestiques reste un objectif à atteindre pour de nombreuses collectivités et l’entretien et la maintenance des réseaux existants connaissent les mêmes problèmes que ceux de l’alimentation en eau potable voire plus graves, car très souvent la configuration des réseaux vétustes n’est même pas connue au niveau même des services chargés de ces opérations.

Il faut cependant reconnaître que les investissements réalisés par le pays dans le domaine de l’assainissement au cours des vingt dernières années, sont considérables. C’est ainsi que le taux moyen national de raccordement dépasse 60 % et est supérieur à 80 % dans huit wilaya dont Alger, Oran et Annaba.

L’urbanisation rapide et très souvent incontrôlée ainsi que l’absence de coordination des différents services publics dans la conception et la réalisation des réseaux n’ont pas permis une prise en charge efficiente de l’assainissement. En outre cette situation est aggravée par les problèmes de gestion liés aux insuffisances constatées en matière d’organisation et de ressources financières.

C’est ainsi que dans de nombreuses occasions, il a été fait état de la recrudescence des maladies à transmission hydrique alors que l’on aurait dû s’attendre à une diminution de celles-ci du fait de l’augmentation du taux de raccordement en eau potable. Ce paradoxe serait lié à l’absence ou à l’imperfection des réseaux d’assainissement (cross-connexion).

Malgré les investissements importants consentis dans la réalisation des réseaux d’assainissement, la situation en matière d’effluents liquides urbains reste problématique car l’épuration des effluents avant rejet dans le milieu naturel notamment en mer et dans les oueds n’a pas suivi dans les mêmes proportions.

Pour faire face à cette situation, un certain nombre de stations d’épuration ont été réalisées. Cependant, selon un diagnostique établi par les services du ministère de l’équipement, sur les 49 stations d’épuration urbaines existantes 18 % sont abandonnées et 63 % sont à réhabiliter. Le reste des stations, si elles ne nécessitent pas de réhabilitation parce qu’elle sont de réalisation récente ne signifie pas pour autant qu’elle fonctionnent correctement. Il en est d’ailleurs de même pour les stations d’épuration des effluents industriels.

Les limites de la zone d’étude

L’analyse du milieu, dans le cadre des études d’impact sur l’environnement, exige que soit clairement définit, avant le démarrage de l’étude, les aspects suivants:

1-Les descripteurs de l’environnement les plus pertinents:

On doit sélectionner les composantes de l’état initial qui seront les plus sensibles aux nuisances ou atteintes susceptibles d’être provoquées par l’aménagement projeté. Les inventaires encyclopédiques, sont à éviter.

2-Les limites spatiales:

Quatre types de limites peuvent être identifiés, le premier type, dit espace restreint il englobe le site même de l’ouvrage.

Le deuxième type, constitué par l’espace d’influence, là ou se font sentir en dehors de l’espace restreint les nuisances de l’ouvrage; ce sont l’impact sur le paysage, la pollution de l’air, les odeurs et bruits.

Le troisième type englobe les milieux récepteurs. Le dernier type, est un espace étendu comprenant les espaces touchés par le transport des matières premières, l’élimination des déchets et la pollution atmosphérique.